Bernardino Femminielli
Vendredi 09/10
20.00
crooner dansant, un peu songwriter déluré
« Je ne comprends pas Bernardino. On dirait qu’il prend plaisir à s’auto-saboter. »
« Ou peut-être que je refuse simplement de jouer le jeu que quelqu’un d’autre a écrit pour moi ? »
Memoirs of Self-Sabotage se déploie comme une dérive musicale : des fragments écrits et enregistrés en tournée entre la France et l’Italie, façonnés par la précarité, les tensions administratives, la perte et la paranoïa. Les morceaux surgissent comme autant de scènes d’un film noir psychologique — une discothèque déformée faite de monologues, de chansons, de saynètes et d’anachronismes — où la voix oscille entre séduction et rupture.
Au cœur du projet se trouve une intuition troublante : l’exploitation la plus insidieuse est celle de sa propre intimité. Alors que les émotions et les désirs deviennent des marchandises, le projet résiste à toute absorption. Chaque morceau devient un lieu de désertion — un refus des rôles, des codes et des systèmes de contrôle, y compris de ceux qui se présentent comme une critique. Les alliances se brouillent, les trahisons se profilent ; la lucidité bascule dans la paranoïa.
Échos distordus de la nostalgie, couches cinématographiques, voix en tension : la musique devient un espace instable, un laboratoire de dérive et de survie. Ni disque, ni manifeste, ni autobiographie, le projet se déploie comme une discothèque mentale où coexistent désir, peur et auto-sabotage.